vendredi 20 août 2010

Deuxième étape: le ferry






Nous avons donc pris le bus tard dans la soirée pour rejoindre une ville au nom imprononçable, lieu d'embarquement du ferry, toujours sans places pour ledit ferry.. En arrivant sur place, fourbus (le trajet est long, et nous étions en route depuis tôt le matin...), pompier chéri décide que non, on ne va pas essayer de prendre le ferry, il est trop tard, il y a trop de gens. Donc, on se mets en quête d'un lieu où passer la nuit. Après 10min d'errance, on se rends à l'évidence: on n'ira pas loin avec nos énormes sacs.. On se dirige vers l'hôtel le plus proche (le seul en fait..) comme Marie et Joseph vers l'étable: délivrance! On écoute à peine le prix de la nuit, de toute manière on a pas le choix, il est 22h, tout va être fermé...


Finalement on a eu droit à un super petit déjeuner et à une grande chambre (tout est relatif, hein.. pas de quoi parler de suite, on avait la place de circuler autour du lit, c'est tout..), pour un cinquième de notre budget vacances...
Au moment du déballage des brosses à dents et autres pyjamas nous attendait une autre surprise: une gracieuse lettre de la douane de l'aéroport qui nous avait emprunté notre réchaud à gaz pour la durée de notre séjour, ce à quoi s'ajoutaient leurs sincères salutations... Petit moment d'angoisse, nous avons emporté de quoi survivre sous forme de nourriture déshydratée, à réhydrater avec de l'eau bouillante.. J'imagine déjà mon pompier en train de faire du feu avec deux bouts de bois et une ficelle..mais nous sommes trop fatigués pour envisager des solutions raisonnables, donc, direction le lit (étrangement fait d'ailleurs..) Bref, ne remuons pas le couteau dans la plaie, ce sont nos premières vraies vacances ensemble, on expérimente, on fait des erreurs pour ne plus les reproduire..


Le lendemain, on part à l'aube (au moins 10h du matin..) en quête de ferry. Il s'avère que le ferry de midi est plein, et que le prochain est dans la soirée.. Oui, des fois j'ai l'impression que le destin s'acharne.. Mais on ne perds pas espoir et on s'inscrit sur la liste d'attente, positions 1 et 2, si des gens se désistent. On a attendu bien sagement, l'estomac un peu plus crispé à chaque arrivage de nouveau aspirants-ferranteux... Finalement on a enfin une place, on se dirige à grands pas vers le dépose bagages, dépassé par les quelques autres élus qui eux courent. On a compris pourquoi après être arrivés... Comme il n'y a pas de place assignées, les premiers arrivés sont les mieux servis, et les gens s'étalent de manière à rester seuls, tranquilles à leur table (à bâfrer de frites à 6 euros la portion...).


Après 6 tours du bateau, désespérée, j'ai demandé à un couple s'il pouvait nous faire un peu de place à leur table de 4, et on s'est enfin posés. Là j'aurais dû essayer de dormir. Mais non, j'ai fait ma maligne et j'ai lu (aïe ma tête..), j'ai bu (une eau au goût indéfinissable, que je rapprocherais au mieux d'un médicament douteux et au pire de produit chimique dangereux pour la santé...), j'ai gagné à de multiples jeux genre pendu (mouah ah ah, les noms d'animaux m'ont particulièrement réussi..) et je me suis trainée sur le pont lorsque la nausée est arrivée..


Autant vous dire que l'on a été contents d'arriver (enfin surtout moi..).
Donc, nous voilà sur l'île, enfin! Nos sacs toujours vissés sur le dos, le destin nous fait enfin une faveur et nous installe un stand de location de vélo juste devant le débarcadère. Ni une ni deux, on loue Victoria, Philippe et leur remorque bleue (oui, ils donnent des noms royaux à leurs vélos..), on empaquète notre bardas et en route. Arrêt 500m plus loin à l'office du tourisme, qui nous fournit des cartes, et nous explique où acheter un réchaud. Pendant ce temps un vieil allemand nous fait remarquer que la remorque a un pneu crevé, ce qui entraîne un branle-bas de combat: je suis chargée de trouver un réchaud tandis que l'homme va s'occuper du côté technique. Il s'avère que ma mission est finalement la plus ardue, la ville étant dotée d'une pente digne de ma ville (et c'est dire..). Autant vous dire que mes premiers coups de pédales ont été douloureux... J'arrive au magasin, tourne, retourne, furète partout et finit par trouver les deux seuls réchauds de la ville probablement, qui sont à alcool. Bon, pas le choix, on verra bien ce que ça donne.. Et puis au moins ça pourra voyager.. Je choisis celui avec option téflon (un peu plus cher, mais la vie de trappeur téflonné n'a pas de prix..) et repars avec mon butin coincé dans le manteau, genre robot enceint...


J'arrive enfin au lieu de rendez-vous, rouge, en sueur et délestée de quelques euros, pour trouver mon pompier frais comme un gardon... On s'élance enfin sur la route après un dernier coup d'oeil à une de nos nombreuses cartes (visiblement, ils aiment les cartes, les suédois, on en a reçue une à chaque passage à l'office du tourisme, même si lesdits passages n'étaient espacés que de 5 min...). On roule un moment sous la pluie, une ou deux heures, et on finit par s'arrêter trempés et épuisés (ça vous fatigue un Peregrin un voyage en ferry..) dans une clairière pour installer notre tente et passer notre première nuit sur l'île...


(D'ailleurs je m'apercevrais le lendemain que nous avons dormi à dix mètres de ruines très bizarres, la brume ambiante n'aidant pas à les trouver accueillantes, voire inoffensives...)

2 commentaires:

  1. Tu as bien du courage de passer tes vacances a pedaler ! Je n'y arriverais pas, trop faineante !

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  2. :D Je ne pensais pas y arriver non plus.. Je pensais qu'on serait dans un camping et qu'on ferait de petites excursions.. Mon pompier avait lui imaginé qu'on ferait un trekking à pieds autour de l'île.. On a donc trouvé un compromis :)

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